Une deuxième étape sableuse et corsée

ERFOUD - BIVOUAC MARATHON
Étape 2

Tankage, jardinage… Le pilotage et la navigation gagnent déjà en complexité  sur l’étape 2 du Bab el Raid. Les passages dans le sable donnent du fil à retordre aux équipages qui gardent toutefois leur sourire en toutes circonstances.

Après une première étape de mise en jambes, les aventuriers ne sont pas aguerris mais tout de même plus en confiance face au terrain qui les attend pour la deuxième étape ! Avant de prendre le départ, les équipages qui le souhaitent peuvent tenter un Défi banco qui les plonge dans la gastronomie marocaine. Intitulé « Top chef », le défi du jour consiste à mémoriser une recette typique marocaine avant de devoir répondre à une dizaine de questions en tout juste 45 secondes. Msemen, baghrir (crêpes mille trous), chebakia, rfissa, cornes de gazelles… Les équipages détiennent désormais les secrets des plus grands cuisiniers… À condition de les retenir ! Et à ce jeu-là, tous ne sont pas forcément doués. « C’est bien, au moins maintenant on saura faire du mouton à la marocaine », s’amuse Stefan, de la 321 (ENZO LUCAS / STEFAN BUSSEAU). Pour Brice et Flavien, de l’équipage 308 (Brice IANNOLO / Flavien PERRAS), l’heure est à la concentration ! « On veut remonter dans le classement », expliquent les deux aventuriers qui misent donc 15 points.

Pas le temps de trop trainer, la journée s’annonce chargée pour les aventuriers qui ont de nombreux oueds à traverser. En prévision, Hubert et Maxime, de la team 106 (Maxime Gruau / Hubert Gruau), installent un crochet d’attelage à l’avant de leur véhicule. « Il paraît qu’on risque de se tanker aujourd’hui alors on anticipe », raconte Maxime. Le raideur ne se trompe pas. Quelques kilomètres plus loin, les pelles et les plaques de désensablage de l’équipage 95 (Maxence Philip / Allyson Gros) sont sorties. Tout le monde sort de voiture pour déterminer le meilleur passage ou plutôt « le moins pire », c’est-à-dire là où c’est le plus dur pour faire passer leur véhicule et ainsi éviter de s’ensabler.

Les équipages découvrent les joies du jardinage

Malheureusement, les stratégies ne sont pas toujours bonnes. Nathalie et Valérie, de la team 202 (Nathalie Lemercier / Valérie Gouchault - TECHNIVIDE), se retrouvent ainsi coincées en pleine montée. Rapidement, l’oued se transforme en grand parking entre ceux qui s’arrêtent pour réfléchir et ceux qui se retrouvent arrêtés malgré eux par le sable. « Ça doit être l’oued vu que tout le monde est enlisé », fait justement remarquer Tony, de l’équipage 195 (Tony Papin / Camille Lagarde - Giga motors). Les plaques de désensablage permettent de passer plus facilement, l’aide de certains raideurs qui poussent les voitures aident également. Quelques Marocains viennent d’ailleurs prêter main forte. Tankés depuis quarante minutes, Brice et Flavien, de la team 308 (Brice IANNOLO / Flavien PERRAS) finissent par sortir une bâche « pour mieux glisser ». « On a déjà mis les plaques devant, on tente le système D », souligne Brice.

Les pelles sont sollicitées à de nombreuses reprises au cours de la journée. Une journée qui amène également les aventuriers à « jardiner », c’est-à-dire tourner dans tous les sens pour se repérer. En balise 2, Yannis et Sonia, de l’équipage 173 (Yannis BÉZIAUD / Sonia BÉZIAUD - SCE Sécurité Conseil Expertises), sont soulagés : « on s’est bien baladés entre les oueds, c’était difficile de s’y retrouver ! ». Mustapha et Mohamed, les deux pointeurs de l’équipe d’organisation accueillent les équipages en musique et les encouragent pour la suite. Même soulagement pour Teheiura, de la team 100 (Teheiura TEAHUI / Frédéric KHOUVILAY), qui pousse un cri de joie en arrivant. « On a bien galéré pour le trouver ce checkpoint-là », renchérit son coéquipier Frédéric. Jérôme et Richard, de l’équipage 245 (Jerome LAPEYRE / Richard LENOIR - SARL Lapeyre), profitent de la balise pour se recaler. « On était complètement perdus », souligne Jérôme.

Après le jardinage, place au foot ! « Bienvenue à la Coupe de l’Oued », lance Christelle, responsable des défis. Le Défi désert du jour met les aventuriers dans les conditions du cécifoot. Doté d’un masque noir, ils ont 45 secondes pour marquer un but, uniquement guidés par la voix du partenaire voyant. « Visiblement, on est meilleurs au foot qu’en cuisine », se félicite Mylène, de la team 111 (Lucas COUPÉ / Mylène COUPÉ), une fois le défi réussi. « Vers la gauche », « vers la droite », « l’autre droite », entend-on crier de part et d’autres alors que les équipages se lancent dans le défi. « Vas-y mon cœur », encourage Laure, de l’équipage 164 (CEDRIC MOREAU / Laure TROUVE - Labastere33). « On a gagné au moins 50 points là, non ? », interroge Sébastien, de la team 182 (Julien DUSSON / Sébastien MAGON), en riant.

Au fur et à mesure de la journée, les équipages réussissent à franchir plus facilement les oueds. Les équipages ont compris la technique et prennent de la vitesse pour gagner en élan au moment du passage le plus difficile. « Allez, c’est pas long, ça va passer », encourage Guillaume, de l’équipage 183 (Guillaume Wolff / Mylène Duhoux - Transports Denoual). « Faut pas attendre, sinon le terrain est tout labouré », souligne le raideur. Le parcours emmène ensuite les teams à passer par le village abandonné de Mfis. S’ensuit la traversée d’un grand plateau roulant bordé de montagnes, au fond duquel on aperçoit l’erg Chebbi, également connues sous le nom des dunes de Merzouga.

Une soirée magique à la belle étoile

La troisième balise du jour a un goût de victoire pour de nombreuses teams. « Ça jardine beaucoup aujourd’hui », analyse Armand, de la team 273 (ARMAND LOPES / MARIA LOPES). « C’est dur pour vous trouver », renchérit Vincent, de l’équipage 233 (Vincent JAILLOT / Jean luc PAEZ - CELLULES TOUAREG). « On a trois heures de retard », s’amusent de leur côté Eric et Lilian, de la team 306 (ERIC AGUILAR Y GRACIA / Lilian AGUILAR Y GRACIA - APYA). Heureusement, la journée touche à sa fin et les équipages se dirigent vers le bivouac, un emplacement en plein air où les aventuriers plantent leurs tentes pour une nuit magique en plein désert. « Le lieu est particulièrement sympa », remarque Claude, de la team .

Au cas où les équipages n’en aient pas encore marre du sable, l’organisation a réservé un nouveau Défi banco pour les raideurs. Ramper, marcher à pas chassés, sauter des obstacles… Le bootcamp se déroule à deux, pieds liés avec des lunettes floues. « Ça correspond à 2 grammes d’alcool dans le sang », s’amuse Stéphane, de la team 272 (Stephane MORIN / André ANDRIN - Morin Loisir Auto). Les raideurs sont d’humeur joueuse malgré la fatigue et sont nombreux à tenter leur chance ! « On mise 15 points, on n’est plus à ça près », lance Emilie de l’équipage 307 (Antoine Ricou / Emilie Quintard). Killien et chloé, de la team 287 (Chloe Lasnes / Killien Lavabre), observent leurs copains pour décider de leur stratégie : quel pied lier ? Comment avancer en rythme ?…

Installé au cœur de dunettes, le point de bivouac invite à la contemplation et à la méditation. Certains s’isolent, d’autres, au contraire, se regroupent pour immortaliser l’instant. Malgré leurs petites voitures, les équipages sont venus bien équipés, quelques barnums se dressent, l’ambiance est conviviale ! L’heure de l’apéritif est d’ailleurs propice à la fête après une journée chargée. Mais la fête ne commence vraiment qu’une fois la nuit tombée, quand tous les équipages sont enfin réunis au bivouac. Plusieurs d’entre eux arrivent en effet tardivement mais sous les applaudissements et les acclamations de ceux déjà présents !

© Maïenga, texte par Marine Girard, photos par Fred Leloup et Max Franch
ÉDITION 2025

DU 1er AU 12 FÉVRIER

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